La page blanche, angoisse d’écrivain :
Il y glisse des mots noirs, toujours noirs
Pour exister. Les mots blancs, eux, en vain
Essaieraient de s’y faire apercevoir.
Mais le peintre a plus d’un tour dans son sac :
Il offre sa toile blanche à la neige
Et les flocons s’y déposent en vrac ;
Alors, grâce à cet ancien sortilège
Apparaissent des centaines de blancs
Pour peu qu’un rayon de soleil complice
Ne vienne faciliter l’exercice.
Et le peintre n’a plus qu’à, patiemment,
Joindre à sa palette ce flot de nuances
Pour un jour vous embellir l’existence.